Le bonheur d’être soi

Je vous partage ce livre “Le bonheur d’être soi”  de Moussa Nabati, psychanalyste, thérapeute et chercheur, docteur en psychologie. J’ai trouvé sa définition du bonheur intéressante.

Voici un conte qui en fait une illustration:

Le Trésor d’Ispahan


« Un habitant d’Ispahan avait gaspillé tout son héritage et se trouvait dans le dénuement.

Une nuit il fit un rêve : une voix lui disait qu’il existait dans la ville de Bagdad un trésor caché.

À son réveil, il partit aussitôt pour Bagdad.

Arrivé là-bas, sans argent, il se résolut à mendier, mais il eut honte de le faire avant que la nuit soit  tombée.

Comme il errait dans les rues, il fut saisi par la police qui le prit pour un voleur et le roua de coups sans qu’il ait pu s’expliquer.

Il y parvint enfin et raconta son rêve avec une telle sincérité qu’il convainquit le policier.

Celui-ci s’écria : « Je vois que tu n’es pas un voleur, que tu es un brave homme, mais comment as-tu pu être assez stupide pour entreprendre un si long voyage en te fondant sur un songe ?

Moi, j’ai rêvé bien souvent d’un trésor  caché à Ispahan dans une petite maison blanche,  mais je ne me suis pas mis en route pour autant. »

Or la maison dont il parlait était celle du voyageur. Ce dernier rendant grâce à Dieu que la cause de sa fortune fût sa propre erreur, retourna à Ispahan où il trouva le trésor enfoui dans sa propre maison. »

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Le bonheur, tel le trésor d’Ispahan, se trouve en soi, chez soi, dans sa cave, comme le dit si bien le conte, et non pas sans cesse ailleurs, toujours repoussé plus loin. La cruche gît à tes pieds, remplie d’eau fraîche. Pourquoi parcours-tu le vaste monde à la recherche d’une seule goutte ?

Le bonheur vient de nous-mêmes. Il représente une aptitude, une disposition interne. Il prend son origine dans cette simple sensation d’exister, dans la certitude d’être vivant. Il se trouve dans le plaisir  et le désir de vivre, d’exister.

Le bonheur d’être soi, être soi veut dire s’aimer, s’accepter, se respecter tel qu’on est, dans son corps, son âge et son sexe, en jouissant notamment d’un psychisme séparé, différencié, autonome, dégagé des confusions d’identités, de places et de fonctions ainsi que des dépendances parasitaires.

Lorsqu’on est soi, on ne se trouve ni enclavé par, ni inclus dans le psychisme des autres, bien qu’étant en lien et en échange avec eux, dans le respect de la différence et de la distance.

Le bonheur consiste à réussir la correspondance, l’adéquation, le mariage entre sa réalité et son idéal.

Au fond, ce qui rend une personne malheureuse renvoie plutôt, non pas au manque réel dont elle croit souffrir, mais à l’écart, au décalage entre réalité et le rêve, que le manque a pour seule fonction de faire remonter à la surface.